Pourquoi apprendre l'Anglais ?

J’ai commencé à apprendre l’anglais en entrant au collège, à l’âge de 11 ans, avec une professeure d’anglais française. J’étais à l’époque très timide et peu sûre de moi, le genre d’élève à ne participer en cours uniquement si elle était 100% certaine de la réponse. Aussi, lors des premières heures de cours, alors qu’elle nous enseignait quelques bases et mots de vocabulaire, j’ai apprécié répondre aux questions faciles et répétitives. Puis, dès que ça s’est un peu corsé, je me suis mise en retrait et j’ai prodigué le service minimum de la bonne élève : Être présente et aimable avec la prof. Elle me reprocha ma soudaine (et qui a pourtant toujours été là) timidité, comme si j’étais la seule élève à ne pas faire d’effort dans la classe. J’ai poursuivi ma scolarité avec des notes suffisamment bonnes pour qu’on ne vienne pas m’embêter mais avec ce même commentaire frustrant (et frustré ?) dans le bulletin : « Peut mieux faire ». 



Ce que les professeurs ignoraient, c’est qu’en plus de mon manque cruel de confiance en moi, il y avait une autre raison pour expliquer mon assurance défaillante. Ma mère. Et la société française. (Ok, deux raisons) Laissez-moi vous expliquer. Ma mère est professeure d’anglais à l’université de Polynésie Française. Cela aurait pu, et aurait dû, être un avantage pour mon apprentissage de la langue anglaise. QUE NENNI !! (Oui, par contre j’excelle en vieilles expressions françaises désuètes) La toute première fois que j’ai voulu pratiquer l’anglais avec ma mère, je me souviens lui avoir insoucieusement lancé un « Hello, how are you ? ». C’est tout. Cette seule phrase, qui pourrait être considérée en anglais comme une base de la communication entre deux êtres humains en recherche d’interaction. A cette phrase, que n’importe qui pourrait comprendre, peu importe son niveau, ou son accent, elle m’a répondu : « Quoi ?! Qu’est-ce que tu dis je ne comprends pas… attends… AAAAaaaah ! Helloooo, how are you ? » *accent américain accentué*  Vous voyez, ma mère a suivi une partie de ses études supérieures aux Etats-Unis, dans un petit bled paumé (Rome, Georgia anyone ?) que personne ne connait, et elle en a gardé l’accent. Et visiblement la condescendance. Cela a produit comme effet que je n’ai jamais voulu pratiquer l’anglais avec ma mère, jusqu’à mes 21 ans. A cet âge-là, j’ai enfin eu la confiance de converser avec elle après un voyage de 9 mois en Angleterre et 6 mois en Australie.
J’ai aussi tenu responsable la société française pour une partie de mon manque d’assurance en anglais. En effet, je me souviens qu’à l’école, si on parlait un anglais correct, en essayant d’effacer notre accent français, on se moquait de nous. Et si on parlait mal anglais, avec un accent français, on se moquait aussi de nous. Il n’y avait pas une façon de gagner à ce jeu là ! Ajouter au fait que les cours d’anglais dans les établissements français sont centrés sur l’écriture au détriment de l’oral, on comprend mieux pourquoi la France est toujours en queue de peloton dans les classements. En 2018, d’après Education First[1], la France se situe 25e sur les 32 pays européens de l’étude, avec un score de « maîtrise moyenne », juste derrière l’Italie (24e) et l’Espagne (23e) et loin derrière le Portugal (16e) ou la Belgique (9e !). Donc peut-être que l’éducation française a tout à gagner à suivre l’exemple de ses voisins européens pour aider les générations futures, afin que celles-ci puissent réussir à s’intégrer dans le marché du travail - de plus en plus compétitif- et s’ouvrir au monde, qui n’a jamais été aussi accessible.
Aujourd’hui, j’adore parler anglais avec des anglophones dès que j’en ai l’opportunité. Mon plaisir caché est de faire semblant de ne pas tout comprendre pour me sentir comme une espionne qui impressionne à chaque fois qu’elle réussit à leur répondre (montrer aux autres qu’on est meilleur que ce qu’on laisse paraître est une bonne manière de regagner de l’estime de soi !). Grâce à mes voyages et mes rencontres, je pense pouvoir dire que je suis dorénavant bilingue, et cela m’a apporté plus qu’une autre langue à mon registre. C’est comme si j’avais un 2e cerveau, une autre personnalité : une en français, une autre en anglais. Et une 2e langue implique que j’ai accès à plus de vocabulaire pour pouvoir m’exprimer ou appréhender le monde, et donc d’élargir ma vision sur celui-ci. Je trouverai qu’un mot en anglais est plus approprié pour parler d’une situation ou d’un état d’esprit, et parfois ce sera l’inverse. Par exemple, très souvent, j’ai envie de dire « Je suis fiu ! » (OK, ce n’est plus de l’anglais, ni du français, mais on reste dans le thème du multilinguisme !), qui est un mot tahitien (oui, j’ai grandi à Tahiti, comme je l’explique dans cet article) parfait pour exprimer la flemme, le ras-le-bol, être lasse, en avoir marre… Le mot idéal en somme, car non seulement il exprime quelque chose que l’on ressent souvent, mais en plus, il ne demande pas beaucoup d’énergie pour être dit ! 
En conclusion, apprendre une autre langue peut s’avérer difficile au début, mais entouré des bonnes personnes et avec un bon programme, cela devient de plus en plus intéressant et motivant. Il n’y a pas de bon moment pour commencer, alors lancez-vous dès maintenant !
[1] https://www.ef.fr/epi/

website: www.englishroom101.com
email: info@englishroom101.com

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